La vision

Autodidacte dans mon cheminement, je sors des sentiers battus pour appréhender le style. Je prête attention plus à l’audace qu’à la tendance à condition que celle-ci adhère à ma vision du moment. Adepte du vintage, j’apprécie les accessoires et les vêtements qui m’inspirent des histoires à raconter. J’apprécie l’originalité dans la mode et les pièces qui ont du vécu. J’ai eu récemment un coup de cœur pour la marque Fiorucci, pas seulement pour son style mais plus pour  l’histoire qui l’a façonné.Son comeback avec le message délivré garde une trace indélébile des années 70.D’après un des amis de Elio Fiorucci, créateur de la marque « Il a tant valorisé le sourire, l’humour, la sympathie et pas seulement, le physique qu’il a permis à des filles qui n’avaient aucune possibilité d’être belles, de l’être. Il a mis en avant des filles pas très grandes, un peu minces ». Sa vision me plaît et je souhaite la mettre en application dans les shooting que nous allons réaliser.

La mode m’apporte beaucoup, m’invite souvent à réfléchir à des questions intemporelles, artistiques et quasi-existentielles.Elle est pour cette raison et à mon sens, le contraire de futile,elle nous suggère d’imaginer l’improbable. Je ne m’excuse pas de l’aimer, non, je la plébiscite, je la revendique comme un art, une liberté inégalée de nous représenter dans le monde.

La mode, quand elle est portée,fait office de symbole et représente une manière de montrer qui nous sommes sans le dire ouvertement.Elle est suggestive et s’identifie comme une façon de se libérer des contraintes,permet de s’affirmer culturellement, socialement, telle est ma conception.

Je me sens à l’aise loin des clichés des magasins avec leurs présentoirs et leur corner mais bien plus en des lieux pleins de vestiges des années passées. J’aime ramener à la vie des habits, en les raccommodant. Je suis fidèle aux boutiques vintage,aux brocantes et aux enseignes qui racontent une histoire. Finalement je revendique la valeur d’une pièce unique et son histoire qui va avec. J’apprécie l’innovation mais en gardant un pied dans la tradition, j’ai cette vision qui m’entête, des petites bourgades dans quelques terres éloignées présentant aux passants des étoffes ou des bijoux de la manière la plus étrange.

J’aime peut-être ce qui dérange et semble inhabituel mais je garde cette vision de la mode qui dans son ensemble appelle à s’accorder.

Je m’appuie sur l’évolution de mon style pour comprendre la mode et moins sur un besoin d’adapter mon goût aux tendances. Je revendique la liberté de s’habiller, dans le choix des coupes et des matières, je n’impose rien et tente de comprendre l’impossible. J’apprécie autant le passage de John Galliano chez Dior, que des marques au style plus classique, bohème comme Temperley London.Jacquemus ne me laisse pas indifférent et j’admire autant le style de Loulou de la falaise que celui de Jacky Kennedy. Des personnalités telles que Marilyn Monroe ont fini par me convaincre qu’au final la personnalité comptait plus que l’apparence mais je n’oublie pas la citation d’Oscar Wilde « il n’y a que les esprits légers pour ne pas juger des apparences, le vrai mystère du monde est le visible et non l’invisible ». La théorie du visible et de l’invisible,vaste sujet…

Marie-Caroline Rey

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